Le point de vue des évêques…
Annoncer l’Évangile dans la culture actuelle
Qui sont ces enfants à qui nous devons proposer une rencontre personnelle avec Dieu? Qui sont ces hommes et ces femmes à qui nous avons aujourd’hui à annoncer l’Évangile? L’Assemblée des évêques catholiques du Québec, dans son document intitulé Annoncer l’Évangile dans la culture actuelle au Québec, dresse un portrait de la culture actuelle : nous résumons ici les caractéristiques présentées dans ce passage du document des évêques 1.
« Une culture médiatique »
L’abondance et la variété des moyens de communication facilitent l’accès à l’information. L’Église n’a pas le monopole de la transmission du savoir et de la connaissance. Les croyants disposent d’une foule de moyens de communication qui leur permettent de chercher eux-mêmes des réponses à leur question.
« Une culture marquée par le pluralisme »
La société tricotée serrée où tout le monde partageait les mêmes valeurs est bel et bien chose du passé. Dans les milieux urbains, une multitude de valeurs et de croyances se côtoient. C’est également de plus en plus vrai dans les milieux ruraux. Qu’on le veuille ou non, nous sommes influencés par les valeurs et la spiritualité des autres religions. Cela nous oblige à revoir nos propres valeurs et nos propres croyances.
« Une culture du sujet »
Dans la culture actuelle, il n’est pas rare que les valeurs individuelles priment sur celle de la communauté ou du milieu. Avant, la pratique religieuse se faisait souvent par obligation, pour se conformer au modèle proposé par la société et pour ne pas être rejeté ou pointé du doigt. Maintenant, les valeurs personnelles et les quêtes personnelles de sens sont ce qui motive une personne à adhérer ou non à une croyance.
« Une culture démocratique qui valorise la participation et le débat »
La société actuelle n’est pas tendre envers ses institutions, tant religieuses que politiques. En fait, elle se méfie des systèmes ou des dogmes qui lui sont imposés sans qu’on ait pris la peine de la consulter et de l’inclure dans le processus de décision.
« Une culture pragmatique, critique et marquée par la science et la technique »
Le développement des sciences et de la technologie a grandement modifié notre conception et notre compréhension du monde. Beaucoup de phénomènes naturels que l’on qualifiait autrefois de miraculeux et de surnaturels ont été démystifiés. Ainsi, nous sommes davantage portés à nous tourner vers la science pour chercher des solutions aux problèmes de l’humanité qu’à nous en remettre uniquement à la foi.
« Une culture marquée par l’autonomie à l’égard du religieux et des Églises »
Chaque individu compte tracer son propre itinéraire de sens. On se méfie des vérités imposées par les Églises. On souhaite trouver par nous-mêmes une vérité qui nous convient car elle a été validée par le filtre de notre expérience. L’écart se creuse entre les croyants en quête d’autonomie et l’institution religieuse qu’ils soupçonnent parfois de vouloir les récupérer.
Extrait de conclusion
« … si la culture québécoise actuelle n’exclut pas de soi la religion, elle modifie cependant de manière importante le rapport et la relation de la personne au religieux et aux Églises. Elle offre une nouvelle manière de s’y rapporter et d’en vivre. Il faut donc explorer les possibilités qu’ont nos contemporains d’adhérer à la foi et examiner les chemins qui nous permettront de leur annoncer l’Évangile. »2
- Assemblée des évêques du Québec, Annoncer l’Évangile dans la culture actuelle au Québec, Fides, 1999, p. 16-51.
- Annoncer l’Évangile…, p. 51.
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